Comment endormir mon bébé ?
C’est le premier article d’une série consacrée au sommeil du nourrisson.
Et quoi de plus logique que de commencer par le commencement : l’endormissement.
Vaste question.
Quelle jeune maman n’a jamais entendu :
« Arrête de l’endormir aux bras, tu vas lui donner de mauvaises habitudes. »
Ou au contraire :
« Surtout ne le laisse jamais pleurer. »
Ou encore :
« Il faut le laisser pleurer. »
Sans oublier la fameuse méthode du 5-10-15.
Mon Dieu que c’est compliqué.
À écouter tout le monde, il existerait quelque part une recette magique pour apprendre à dormir à un bébé.
Certains disent que le sommeil s’apprend en six mois. D’autres en douze. On parle de régressions du sommeil, de fenêtres d’éveil, de mauvaises habitudes, d’associations de sommeil…
STOP.
Avant de parler du sommeil de bébé, il faut parler du sommeil des parents.
Et partir d’un principe quasiment universel : les premiers mois, les parents sont épuisés.
Pour tous ceux qui ont eu un bébé qui faisait ses nuits à trois semaines, merci de ne pas lire la suite de cet article et d’aller au diable.
Pour les autres, parlons vrai.
Les premières semaines sont souvent terribles. Les anglophones utilisent l’expression sleep deprivation. La dépravation de sommeil.
J’aimerais que vous preniez un instant pour mesurer la force de ces mots.
La privation de sommeil est d’une violence inouïe. Peu d’adultes ont déjà vécu quelque chose d’aussi éprouvant avant l’arrivée d’un enfant.
Et pourtant, au milieu de cette fatigue, j’aimerais que vous reteniez une seule phrase :
UN JOUR, ÇA S’ARRÊTE.
Je vous promets que c’est vrai. Tous les bébés finissent par s’endormir seuls. Tous les bébés finissent par faire leurs nuits.
La question n’est pas de savoir si cela arrivera.
La question est : comment traverser cette période en conservant un minimum d’énergie et de sérénité ?
Ma réponse tient en quelques mots :
- On attend
- On accompagne
- On agit avec bon sens.
Et un jour, ça s’améliore.
Les premiers mois : faites ce qui marche
C’est probablement le conseil le plus simple et le plus utile que je puisse donner.
Les premiers mois, ne vous posez pas mille questions. Faites ce qui marche.
Faut-il endormir son bébé aux bras ? Ok, si ça marche.
Faut-il l’endormir au sein ? Ok, si ça marche.
Dans son lit ? Ok, si ça marche.
Dans sa nacelle ? Ok, si ça marche.
Avec une tétine ? Ok, si ça marche
Sans tétine ? Ok,si ça marche.
Les premiers mois, l’objectif n’est pas de gagner une médaille du sommeil parfait. L’objectif est que tout le monde dorme.
Endormir son bébé aux bras : une excellente solution
Le nourrisson a besoin de contact. Il a besoin de proximité. Il a besoin de lien.
J’en ai déjà parlé dans mon article consacré à la tête plate : un bébé a besoin d’être porté.
La journée, il dort souvent dans les bras alors pourquoi pas le soir ?
Endormir son bébé aux bras est une excellente solution et ça lui fait du bien.
Et surtout…Ça marche.
Mon expérience
Chez nous, cela s’est installé naturellement.
Chaque soir, je prenais ma fille dans les bras, dans sa chambre plongée dans la pénombre. Je la berçais quelques minutes, et une e fois endormie, je la déposais dans son lit.
À quatre mois, lorsqu’elle a commencé à être gardée, la nounou m’a demandé comment je l’endormais à la maison pour reproduire le même rituel.
À six mois, nous fonctionnions toujours ainsi. Je me souviens lui avoir demandé :
« Comment faire pour que ça s’arrête ? »
Sa réponse a été d’une simplicité désarmante :
« Un bébé se décroche tout seul quand il est prêt. »
Cette phrase a fait écho à quelque chose de profond : Mon bébé était capable.
Et si elle ne l’était pas aujourd’hui, elle le serait demain. Ou la semaine suivante. J’ai donc continué.
Et puis, vers sept mois, elle a commencé à se tortiller dans mes bras sans réussir à trouver le sommeil. Je l’ai posée dans son lit. Elle s’est endormie paisiblement.
Fin de l’histoire. Je n’ai plus jamais eu besoin de l’endormir aux bras.
La clé : faire confiance à son bébé et attendre
On dit souvent aux parents de se faire confiance.
J’aimerais ajouter quelque chose : faites confiance à votre bébé. Il sait faire les choses.
Toutes les grandes étapes de son développement, il les apprendra, à son rythme. quand ce sera le bon moment.
Il se retournera.
Il s’assiéra.
Il marchera.
Il parlera.
Et il dormira.
Il existe des normes, bien sûr, mais chaque enfant suit son propre calendrier. le rôle du parent n’est pas de forcer. le rôle du parent est d’attendre, d’observer et d’accompagner.
Faut-il laisser pleurer son bébé ?
Chez le tout petit nourrisson, les pleurs sont un langage. Ce ne sont ni un caprice ni une manipulation. Un bébé pleure parce qu’il a un besoin.
Et dans l’immense majorité des cas, quatre questions suffisent à résoudre le problème :
- A-t-il faim ou soif ?
- A-t-il chaud ou froid ?
- A-t-il besoin d’être changé ?
- A-t-il sommeil ?
Quand un bébé a sommeil, il pleure. Quand il pleure, il sécrète du cortisol. Et plus son niveau de cortisol augmente, plus il devient difficile pour lui de s’endormir.
Répondre à ses pleurs le rassure. Le rassurer l’apaise. Et l’apaisement favorise l’endormissement.
Les premiers mois, un bébé ne sait pas encore trouver seul les ressources nécessaires pour se calmer.
Il a besoin de nous. C’est normal. C’est même précisément à cela que servent les parents.
Quelques règles simples
Les règles de sécurité, elles, ne sont pas négociables :
- Toujours dormir sur le dos.
- Sans couverture.
- Sans doudou.
- Sans tour de lit.
- Sans oreiller.
Et quelques règles de bon sens :
- Un bébé ne dort pas dans un transat.
- Un bébé ne dort pas dans un cocon.
- Un bébé passe le moins de temps possible dans les dispositifs qui limitent sa mobilité.
Un bon endormissement est souvent le premier pas vers une bonne nuit et surtout, souvenez-vous de ceci :
Les premiers mois, votre bébé n’a pas besoin qu’on lui apprenne à dormir.
Il a besoin qu’on l’aide à s’apaiser.
Et progressivement, quand son développement le permettra, il trouvera lui-même son chemin vers le sommeil.
Notre rôle de parent n’est pas de le dresser au sommeil. Notre rôle est de l’accompagner jusqu’à ce qu’il soit prêt.